Les murs d'une chambre d'adolescent·e parlent : des affiches, des photos d'ami·es, des petits mots, un bracelet brésilien. Tout un monde qui dit beaucoup de qui l'on est, de ce qui nous a marqué, de ce qui nous construit — et qui suscite une vraie curiosité.
De là est née l'idée de Murs Parleurs : un projet qui part d'un postulat simple — les murs des chambres d'adolescent·es parlent pour elles et eux, et parlent d'une génération entière.
Au fil des rencontres et des interviews, des constantes sont apparues : le grand retour du vinyle, l'importance centrale de la musique, des concerts, de la K-pop et du rap américain des années 90. La période Covid et son lot de solitude et de mal-être, laissant des traces visibles. L'influence grandissante des cultures japonaise et coréenne — mangas, animés, cuisine. Les écrans, omniprésents. Et le lit comme territoire suprême du bien-être. Mais il y a aussi l'autre face du projet. Toutes les chambres ne débordent pas de signes. Certaines sont dépouillées, parfois très spartiates — et elles racontent elles aussi quelque chose de fort : les inégalités de chances, les fractures sociales, les trajectoires de vie qui divergent dès le plus jeune âge.
La difficulté du projet ? Convaincre les adolescent·es d'ouvrir cette intimité, de laisser entrer un regard extérieur dans cet espace refuge. Mais quand cela arrive, c'est une plongée précieuse dans leur univers.
À l'issue de ce travail de collecte et d'interviews, un livre et une exposition ont été réalisés, donnant à voir et à lire ce que ces chambres avaient à dire.